Sketchnoter un compte-rendu de réunion ou de formation (en direct live ;)

Les 25-26 janvier derniers, j’ai assisté à la formation que je m’offrais pour Noël : l’ atelier #visualmapping assuré par Philippe Boukobza (qui tient l’excellent blog Heuristiquement) à l’hôtel Ibis de Gentilly.

Outre le fait que j’ai kiffé un truc de dingue cette formation (ça sort du cœur, que voulez-vous  ! ) et que j’ai bien l’intention de poursuivre jusqu’à la certification, j’ai désormais pris la résolution de sketchnoter mes compte-rendus de réunion, de formation ou de journées d’études. A peu près tout ce qui me tombe sous la main, en fait.

Pourquoi ?

Parce que (je sais que vous y pensez vous aussi), un compte-rendu est généralement ch*%$t à souhait. Du coup, il a de fortes chances que vous ne le [re]lisiez jamais. Et que dire si vous fowardez à vos collègues votre beau document Word de 15 pages police 11… ? En bref, plein de boulot pour très peu de résultats.

Sketch…quoi ?

Philippe Boukobza le définit ainsi : « Le « Sketchnote » ou « Croquinote » en français, consiste aussi à traduire en pensée visuelle des concepts, processus, idées, conversations, mais individuellement et comme technique de prise de note ». En mettant en avant mots-clefs, expressions, relations et pictogrammes, vous êtes obligés non seulement de bien comprendre le contenu que vous transcrivez mais également de le simplifier au maximum. A bas les phrases parasites qui alourdissent vos CR.

Abordons la question du « dessin »

Pour en avoir discuté avec pas mal de monde, on touche là un point sensible. En voyant mes sketchnotes, beaucoup de collègues ou amis se sont exclamés « oh mais toi tu es douée, ça se voit tout de suite, il n’y a pas de ratures, et puis tu es créative, moi je n’en suis pas capable, j’écris mal et je ne sais pas dessiner ». Je peux vous dire que ça a le don de me mettre en boule. Genre, vraiment (poke @amarois). Parce qu’en plus je suis une godiche en dessin d’art. C’est vrai que j’aime bien que ce soit propre mais je n’en ai rien à faire que ce soit « beau » ou pas, je me fais juste plaisir. Je souligne au passage que le sketchnote n’a pas vocation à être beau : il a vocation à être compris, (re)lu et mémorisé.

J’en reviens au dessin : nous sommes tous capables de dessiner ! Je parie que quand vous étiez petits vous ne vous posiez même pas la question. Une feuille de papier, des feutres et zoup ! c’était parti. Même que vous y passiez des heures. Malheureusement l’école, les avis des uns et des autres, le cadre imposé par le travail, ont fait leur petit effet. Et c’est aussi valable pour le sport, la musique, les langues, les maths, l’écriture. On est dans le clan des doués ou on ne l’est pas. Et si on ne l’est pas, on n’y touche surtout pas  !  Du coup, ce n’est pas tant notre capacité à faire telle ou telle chose qui pose problème mais la confiance que l’on porte en elle. Vous vous auto-limitez, voilà, c’est dit.

Maintenant, prenez une feuille de papier, un stylo et regardez la vidéo suivante :

Vous voyez, vous êtes capables de dessiner ! 😉

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Mais ça doit prendre du temps !

Pas plus que de taper un compte-rendu, de le relire pour le compléter et le mettre en forme. Certes, il faut prendre de nouvelles habitudes et admettre que vous n’allez pas tout noter et seulement retenir les concepts clefs de ce qui se dira. C’est aussi pour cela que votre typographie et vos pictogrammes doivent être tout simples à réaliser.

Se lancer (youpi !)

  • comme le dit Graham Shaw dans sa vidéo, soyez « openminded » : en gros, lâchez-vous, ne pensez pas au résultat. Gardez en mémoire ce qu’a écrit Zohra Kaafar dans une de ces présentations : « la créativité est contagieuse, faites-là tourner« 
  • sachez que la première fois, vos collègues vont probablement observer ce que vous faites d’un air bizarre (mais vite intéressé !)
  • pour commencer en douceur, vous pouvez sketchnoter de très courtes réunions ou tout simplement le cheminement de vos idées pour un projet, une formation à donner,…

Côté sketchnote, comment s’y prendre ?

  • pour représenter visuellement une idée ou un concept abstrait, pensez à ses formes (carré, rond, rectangle,…) ou à l’image que cela vous évoque. Voici quelques exemples :

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    • utilisez des flèches, des bannières, des typographies différentes pour mettre en avant vos idées principales. Visuellement ça change tout et en plus c’est tout simple à faire.

#sermonnotes #sketchnotes #visualnotes #tips

  • pensez à bien équilibrer pictogrammes et mots-clefs : il faut que votre sketchnote soit compréhensible plusieurs semaines/mois plus tard
  • dans un de ses articles, Philippe Boukobza rappelle les grands principes d’un bon sketchnote : utiliser l’espace pour faire respirer la note, mettre l’accent sur les mots-clefs en jouant sur la typographie, insérer des illustrations toutes simples pour donner plus de force au message et, enfin, rester sobre dans l’utilisation des couleurs
  • et, je le rappelle pour que ça rentre bien, ne cherchez pas à faire quelque chose de « beau » et à concurrencer Léonard de Vinci. Moi, j’aime bien dire que je gribouille ma réunion. Ça décomplexe 😉

Mike Rohde_Photo by my @kccoffeedesign friends of me presenting! Having a blast!

Conseils concernant le matériel

(NB : je vous dis ce que j’utilise mais n’importe quels papier/stylo conviennent. Personnellement, je trouve que la qualité du matériel et le plaisir que l’on a à l’utiliser font beaucoup mais, là, c’est vraiment à vous de voir)

  • en bonne Moleskine addict, je vous conseille : le carnet de croquis, la nouvelle collection de cahiers volants ou le carnet reporter compatible avec les étuis pour tablette. Quelle que soit la marque, prenez bien des carnets/cahiers à pages blanches (ou avec une dot grid qui vous aidera à calibrer vos tracés).
  • travaillez principalement sur un seul côté de vos feuilles (format portrait ou paysage, peu importe)
  • pour jouer plus facilement avec les épaisseurs de traits, vous pouvez utiliser des stylos noirs ayant des pointes allant du 0.05 (très fin, parfait pour les visages de vos bonhommes) au 0.8 (très épais, parfait pour les séparations, bannières ou flèches). Perso, j’aime beacoup les Staedtler ou les Micron.
  • pour les finitions, vous pouvez faire des ombres ! L’idéal est que vous disposiez d’un feutre pinceau plutôt clair (j’utilise les feutres Pitt Faber-Castel nuances de bleu ou nuances de gris et vous avez également les ArtMaker pointes flexibles rechargeables de Neuland qui sont juste déments).

Vous voulez sketchnoter depuis votre tablette / smartphone ?

Téléchargez alors l’application gratuite (dans sa version lite) Sketchbook Pro. Pour l’avoir testée, je vous conseille quand même d’utiliser un smartpen si vous compter sketchnoter tout un compte-rendu, c’est nettement plus pratique qu’au doigt.

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Je sais, le livre sur les Lego n’a rien à voir (mais il est arrivé en même temps 😉 )

 

Et pour terminer, je vous conseille évidemment THE livre sur le sketchnoting : The Sketchnote Handbook de Mike Rohde.

Spécialiste de la question, il est également l’auteur d’un Workbook (comprenant des techniques plus avancées) ainsi que d’une série de vidéos.

 

 

 

J’espère que je vous ai donné envie de vous y mettre (n’hésitez pas à partager vos productions sur les RS !) et, dans les prochains articles, je vous proposerai une « bib de bibliopictos » (et peut-être même un concours, tiens !) pour illustrer vos sketchnotes au quotidien.

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10 réflexions sur “Sketchnoter un compte-rendu de réunion ou de formation (en direct live ;)

  1. Hélène (@bibliovelo) dit :

    Bonjour,

    J’avoue que je suis très tentée par cette nouvelle méthode de travail.

    Je souhaiterais suivre la formation de Philippe Boukobza mais je n’ai pas les moyens de me la payer à titre personnel. J’aimerais un financement de la part de mon employeur (je travaille en BU). J’ai participé à Cycling for Libraries (http://www.cyclingforlibraries.org/?page_id=8046) l’année dernière, mon employeur a donc l’habitude de demande de financement un peu original… 🙂

    Si j’ai bien compris la formation que vous avez suivie a été faite dans un cadre personnel (pas de financement de la part de l’employeur). Puis je vous demander pourquoi? Pensez vous que le « sketchnotisme » est un peu hors sujet pour une formation destinée à un agent des bibliothèques?

    Votre article me sera très utile pour présenter mon projet. Merci beaucoup pour votre travail.
    Je vous souhaite une très bonne journée.

    A bientôt,
    Hélène

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    • magalega dit :

      Bonjour Hélène, en effet le sujet ne correspondait pas aux missions de mon poste (services à la recherche, moi aussi en BU). Par contre, j’ai pu faire usage de mes heures de DIF pour y aller 😉

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  2. Caroline dit :

    C’est une approche vraiment intéressante et effcetivement plus vivante que nos classiques compte-rendus. Cela me rappelle le style de Florent Chavouet, auteur de carnets de voyage et passionné par le Japon, qui, en quelques dessins, vous bascule dans un univers, et fait partager sa perception du moment.

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    • magalega dit :

      Merci Caroline, d’autant plus que j’aime beaucoup ce que fait Florent Chavouet 😉 En effet, le sketchnoting a l’avantage de nous permettre de nous approprier le contenu et donc, de démarrer une phase de mémorisation. Un super outil à utiliser pour tout !

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  3. Sophie dit :

    Bonjour,
    J’ai animé 2 ateliers d’initiation au sketchnoting récemment en BU, auprès d’un public mêlant doctorants, étudiants, enseignants-chercheurs et personnels administratifs. Les doctorants et enseignants étaient très enthousiastes, et en ont tout de suite vu l’intérêt pour leurs présentations, posters ou cours. En revanche les administratifs, intéressés pour un usage personnel, étaient plus sceptiques pour un usage professionnel.
    En début d’article, vous dites vouloir sketchnoter vos compte-rendus. Je serais curieuse de voir ce que cela pourrait donner pour des réunions de service, ou autres réunions assez administratives car j’ai cherché sur Twitter (entre autres) mais ne trouve pas d’exemples en ce sens…
    Cordialement,
    Sophie

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    • magalega dit :

      Bonjour Sophie, déjà bravo d’avoir animé des ateliers sur le sujet ! Je sketchnote absolument tout (oui, tout tout tout) et ce que je conseille à ceux qui ne voient pas comment représenter certains concepts sous forme de pictos (je reconnais que ce n’est pas toujours facile) c’est d’au moins changer la manière de prendre ses notes en les synthétisant et en les répartissant différemment sur sa page. Je vous invite à lire cet article publié sur le blog de la Sketchnote army (http://sketchnotearmy.com/blog/2016/12/14/boxes-and-connectors-are-important-nick-hood.html) Ce billet m’avait beaucoup marquée quand il était sorti car parfois les gens ont tendance à vite bloquer à cause du dessin alors que vous pouvez très bien sketchnoter sans même en faire. Et une bibliothèque visuelle peut être un peu longue à constituer… Un seul secret : pratiquer sans relâche ! 😉 A bientôt et merci pour votre retour !

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