“On ne va pas en faire tout un sketch” : un médialab sur la pensée visuelle et la créativité

Les 23 et 24 mai prochains, découvrez des méthodes et des outils pour développer votre créativité, vous autoriser à penser autrement, accompagner vos projets et renouveler votre façon de communiquer !

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CC-BY @magalielegall

Il y a quelques mois, Karin Moëllon, créatrice des médialabs à Médiadix, me proposait d’en monter un sur la pensée visuelle (yeay !). Vous vous doutez que j’ai sauté sur l’occasion (trop belle, l’occasion ;), surtout que, depuis plus d’un an, j’expérimente au quotidien la puissance de ces outils, tant dans mes vies perso et pro. Evidemment, par le passé, j’avais déjà utilisé des mind maps ou des visuels pour exprimer des idées, mais jamais à ce point et, surtout, jamais de manière aussi réfléchie.

Avec Perrine Cambier-Meerschman, directrice de la bibliothèque de Sciences Po Lille, nous allons donc vous proposer pendant deux jours d’explorer la boîte à outils du penseur visuel et créatif : comment renouer avec votre créativité et la cultiver, appréhender les différents outils visuels (mind map, sketchnote, storyboard, métaphore visuelle, kanban,…) et les utiliser dans les métiers de l’info-doc, pour votre propre usage comme à destination de vos publics ou de vos équipes, le tout dans un environnement de bienveillance, d’échanges et de FAIRE !

Et si vous n’êtes pas encore totalement convaincus, allez jeter un œil sur le Ted Talk de Sunni Brown, qui vous montre que le « gribouillage » peut considérablement améliorer notre compréhension et notre créativité :

Avertissement à destination des personnes désirant s’inscrire : vous risquez de beaucoup vous amuser pendant ce Médialab, soyez prévenues !

Lien vers l’inscription sur le site de Médiadix : https://mediadix.u-paris10.fr/brochure/voir_fiche.php?Id_stage=1417&st_niveau=0105

Vidons notre sac !

Petit exercice de style : qu’est-ce qui se cache au fond de nos (vrais) sacs ?

Au fond du sac à main

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Le sac à main : offert par ma môman l’année dernière et cherché pendant très très longtemps avant de le trouver dans une petite maroquinerie à Versailles. Il est hyper pratique avec ses compartiments comme un petit cartable, pile à la taille du bullet journal et de l’iPad.

Le bullet journal / le smartphone / le lecteur mp3 : ce sont mes indispensables, mes « sans-eux-je-suis-bonne-à-faire-demi-tour ». Avant le bullet journal Leuchtturm1917, c’était l’agenda Moleskine. Mais maintenant, convaincue que je suis, ce sera bujo et puis c’est tout. J’y commence des listes de livres à lire ou d’idées pour des formations à venir. Procrastinatrice que je suis, il m’aide à garder une forme de « contrôle » sur mon temps. Je sais, c’est étrange mais ça marche. J’ai toutes mes super applis sur mon smartphone : SNCF (oui, il vaut mieux surtout quand on habite en banlieue…), Evernote, Slack, WordPress, Pocket, Trello et, euh, Candy Crush :p Et puisqu’on en est au rayon des aveux, je ne lis presque jamais dans les transports en communs, excepté le jeudi quand je prends le RERC et que j’ai 35-40mn sans changements devant moi. Et le soir je suis tellement claquée qu’un jeu avec des bonbons est souvent le max que je puisse me permettre. Sur mon lecteur mp3 je retrouve aussi des séances de méditation (qu’il m’arrive de faire debout coincée comme une sardine dans le métro).

Le gros paquet de feutres : sans eux, comment survivre, hein ? 😉 Beaucoup de Pentel touch (dont la pointe du feutre est un pinceau), quelques Faber Castell, un porte-mines Moleskine et un gros crayon de couleur multicolore pour surligner.

Le portefeuille « pochette » : pour gagner de la place et vider au max les cartes de fidélité (l’appli Stocard sur smartphone m’a sauvée de ce côté-là)

Les clefs USB : j’en ai toujours plusieurs dans mon sac, on ne sait jamais ! A vrai dire j’en ai retrouvé deux autres après avoir pris la photo.

L’incontournable sac « Monop' » en tissu : pour faire mes courses évidemment (et parfois il me sert aussi à balader les thèses d’exercice de médecine d’un site de l’université à l’autre). Là aussi j’en ai plein avec plein de motifs différents (je crois qu’après ce billet je vais aller prendre rdv chez un psy…).

La trousse de secours : contre les bobos en tous genres et pour survivre dans la jungle urbaine. Et de quoi machouiller et manger parce qu’on sait jamais. Si je me retrouve coincée entre les gares de Meudon et Chaville à 21h je pourrai toujours manger un truc aux algues…

Les « pass » : Navigo et carte d’accès aux bâtiments de l’Université. Sans elles je suis également bonne à rentrer chez moi.

Les bidules : les badges qui en disent long, les morceaux de bijoux, les clefs de chez moi et du boulot et tout un tas de bazar qui est resté dans mon sac sous prétexte que Sac à Dos a fait une photo super propre juste en dessous et que moi j’allais me taper la honte. Laissez donc libre cours à votre imagination.

Au fond du sac à dos

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Le sac à dos : j’avoue avoir eu comme cadeau une très belle sacoche en cuir. Mais la vie lyonnaise m’ayant amené à me déplace en vélo, le sac à dos s’est révélé plus pratique car il me permet de garder un meilleur équilibre. Mais promis, je reviendrai à quelque chose de plus classe quand je changerai de région.

Le PC portable : élément indispensable à l’Enssib, pour prendre des notes et travailler de manière autonome. J’ai privilégié le faible encombrement à une taille d’écran plus grand et ce 2-en-1 HP me convient plutôt bien (même s’il est déjà passé une fois au SAV depuis le début de l’année, grrr…). Il me permet aussi de m’habituer à Windows 10 et de tester les services de cloud du fait de sa faible mémoire. Mais bon, un OS Androïd et un écran légèrement plus grands m’auraient aussi bien convenus.

La pompe à vélo : voir le point 1. Elément indispensable pour tout cycliste qui se respecte.

Le livre : celui-ci concerne mon mémoire sur les systèmes d’information recherche, car je cherche à étendre ma connaissance de ce que peut apporter une meilleure gestion de l’information à une organisation. Mais généralement, je suis plutôt porté sur les romans, notamment les polars scandinaves en ce moment.

Plein de petites choses : toutes les personnes qui prennent les transports en commun ou qui marchent me comprendront. Ce ne sont que des éléments indispensables pour alléger les problèmes les plus urgents : un parapluie (abîmé, j’ai toujours tendance à perdre les neufs), une boîte pour mes capsules de café, des mouchoirs, une lingette pour lunettes et des aspirines. Le casque est l’élément complémentaire du téléphone. Ce dernier m’est devenu indispensable pour prendre des photos, naviguer sur les réseaux sociaux, regarder les emails qui tombent et écouter la radio ou des podcasts. En tant que France Inter addict, j’écoute entre autres Un Jour en France, La Tête au Carré, Le Masque et La Plume, Si Tu Ecoutes J’annule Tout et La Marche de l’Histoire.

Des cahiers : Faut-il le dire ? Depuis que je fréquente Sac à Main, j’ai multiplié les cahiers pour prendre des notes et sans m’en rendre compte. Sur cette photo, il y a le petit carnet (recyclé d’un coffret de livres de cuisine) qui me sert pour ma ToDo List (j’adore noter les choses que je ne fais jamais), le Moleskine vert pour les notes sur le mémoire, le carnet de papier recyclé pour les brouillons, le grand cahier bleu pour les notes prises en cours. Auxquels vous pouvez ajouter le carnet pour noter les lectures mais qui reste à la maison.

Des pochettes : Organisez, il en restera toujours quelque chose. Ma passion des chemises/pochettes va ici éclater au grand jour. J’adore faire plein de petits dossiers, sans tenir compte de leur couleur. Il y en a une pour les supports de cours, une pour l’anglais (la noire de la photo), une pour les documents administratifs, une pour les papiers personnels (la verte de la photo) et une pour le mémoire. C’est lourd, mais au moins je ne suis pas perdu dans tous ces documents.

Et vous, vous cachez quoi dans vos sacs ?

Concours Initiation au sketchnote : les résultats !

Et voici les résultats du concours pour gagner l’ouvrage Initiation au sketchnote de Mike Rohde aux éditions Eyrolles ! Franchement, les collègues, j’espère que vous allez mettre vos « menaces » à exécution et transformer tous ces docs pro en sketchnotes 😉

Après tirage au sort, la gagnante est Marion B. ! Bravo ! Un petit paquet va partir très vite !

Concours Initiation au sketchnote !

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A l’occasion de la sortie de la référence mondiale en sketchnoting, Initiation au sketchnote de Mike Rohde, et de son succès en librairie, c’est le moment de faire un petit concours ! Grâce à la gentillesse des éditions Eyrolles, je vous propose donc de gagner un exemplaire du livre accompagné d’une petite carte gribouillée by myself 😉

Pour cela, dites-moi « Quel document professionnel transformeriez-vous bien en sketchnote ? » sur un post-it que vous prendrez en photo et que vous enverrez par mail à 365sketchnotesenbib@gmail.com avec comme objet « Concours_ISN_sacamainetsacados ». N’oubliez pas d’indiquer dans votre mail vos noms/prénoms et votre adresse postale ! Je précise que toutes les participations seront publiées dans un article du blog.

Vous avez jusqu’au 30 novembre, minuit, pour me soumettre vos créations !

A vos crayons et post-its amis sketchnoteurs-gribouilleurs !

Retours en sketchnotes sur la JE UX du congrès ADBU 2016

Lors du dernier congrès ADBU, j’ai eu la chance d’assister aux 7 interventions de la journée d’étude « Des services vraiment orientés usager ? Méthodes de Design UX en bibliothèque« , dont voici le CR en sketchnotes. Je me suis donnée comme consigne de ne pas dépasser une page par intervention et je peux vous assurer que c’est largement suffisant (j’étais vidée à la fin de la journée…). Pour ceux qui se posent des questions de méthode, j’avais préparé mes bannières de titre en amont et j’ai rajouté ultérieurement la couleur. N’hésitez pas à consulter les notes de @GillesRusse et le storify de Mathieu Saby si vous voulez compléter votre expérience de l’UX 😉

Et surtout un grand merci aux intervenants et aux organisateurs pour cette journée vraiment enrichissante (et pour les blagues absolument fantastiques qu’elle nous donne de faire …aujourd’hui encore ma directrice m’a appelée la reine d’UX…)

« … And trust them to get the job done »par Daniel Forsman :

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Qu’apportent les méthodes de Design UX par rapport aux méthodes traditionnelles d’évaluation de la qualité de service ? par Guillaume Gronier :

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User Experience Research: just do it ! par Andy Priestner :

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3 Things Every Library Administrator Should Know About UX, par Amanda Etches :

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Utilisation des Personas dans le schéma directeur des services du futur GED Condorcet, par Marc Scherer [màj « barbe » du 19/10/2016] :

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UX et management : usages de tests d’utilisabilité pour l’évolution itérative des services en ligne et la fédération d’équipe, par Frédéric Desgranges :

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Utilisation de la démarche de design thinking pour associer les utilisateurs à la conception d’un learning center, par Isabelle Gautheron :

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Pour télécharger les sketchnotes au format image c’est par ici !

Concernant le programme off, vous pouvez retrouver tout le détail des ateliers de Nicolas Beudon sur son blog Le recueil factice. Pour le sketchnoting, il vous suffit d’acheter Initiation au sketchnote de Mike Rohde (Eyrolles) qui sort en librairie jeudi 13 octobre !

Bonne lecture !

Don’t be scared, it’s just a Powerpoint

Lundi dernier j’ai eu la chance d’animer un second atelier pour le réseau doc@paris (que je vous recommande vivement par la même occasion) au sujet des présentations Powerpoint et notamment du phénomène que l’on appelle « death by powerpoint » (le terme est d’Angela Garber dans un article paru sur Small Business Computing). Je parie que ça vous évoque des souvenirs 😉 Souvenez-vous : il fait chaud, c’est l’après-midi, vous luttez contre le sommeil malgré les trois cafés que vous avez avalés coup sur coup et, surtout, vous êtes face à une présentation absolument atroce, avec des tonnes de diapos blindées de texte, peu de visuels, des couleurs qui vous écorchent les yeux et un masque institutionnel complètement rétro…

On l’a parfois fait, on l’a souvent subi mais, qu’on se rassure, il est tout à fait possible de changer la donne ! Je vous propose donc ce billet, joyeux mélange de compte-rendu de lectures (notamment l’ouvrage de Garr Reynolds, Présentation zen) et de réflexions personnelles.

Bento

On the train from Matsumoto to Takayama par Kelly

Mais pourquoi le titre « présentation zen » choisi par Garr Reynolds ? Pour cet Américain vivant au Japon, la comparaison entre l’art des diaporamas et les éléments de la culture japonaise tels que le bento, le haïku ou le jardin japonais est évidente. Tous ont un point en commun : ils sont sans fioritures et conçus à merveille.

Quelques points à rappeler avant toute chose :

  • produire une présentation est un acte créatif
  • les ppt considérés comme relevant de la « normalité » ne le sont souvent pas : commencez par désapprendre les « lois » que vous considérez comme étant celles du Powerpoint et démarrez avec l’esprit d’un débutant !
  • l’utilisation d’un Powerpoint n’est pas toujours justifiée. N’oubliez pas, d’autres supports existent !

 

La préparation : la nécessité de s’éloigner de l’ordinateur

Avoir une vue d’ensemble

Papier, stylo, crayons de couleur, post-its, tableau blanc, marqueur, paperboard, voilà le matériel parfait pour démarrer. Aucun ordinateur ni logiciel en vue pour l’instant.

Wireframing in the @bulletjournal today!

Wireframing par Mike Rohde

 

Les designers professionnels font généralement tout le travail de préparation et de brainstorming sur papier (il suffit de voir le succès de la pratique du sketchnoting auprès des UX designers). De plus, en ayant le crayon à la main, vous établissez un lien plus direct et plus naturel avec le cerveau droit, ce qui joue sur votre spontanéité et votre créativité.

 

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Par ailleurs, on a une bien meilleure vue d’ensemble quand le contenu est étalé sur les murs puisque l’on perçoit en un seul coup d’œil quels éléments peuvent disparaître et lesquels sont essentiels.

Se poser les bonnes questions

Quand on se dit qu’il faut améliorer les présentations, la discussion se focalise souvent sur les logiciels et la technique : on se dit pas assez formé à Powerpoint, à ses fonctionnalités, pour justifier de présentations peu réussies. Pourtant, l’enjeu n’est pas tant dans la maîtrise de l’outil (à mon sens, on pourrait supprimer aussi sec les onglets « Transitions » et « Animations ») mais bien dans le message à faire passer.

Qu’est-ce qui serait le plus mémorable pour le public ?

Mettez-vous à sa place et demandez-vous, face à votre présentation : « bon, d’accord, mais alors, qu’est-ce que ça m’apporte ? ».

Qu’est-ce que vous offrez EN PLUS ? Est-ce qu’un rapport ou un article de quelques pages pourrait vous remplacer ? Pire, est-ce que votre présentation Powerpoint pourrait vous remplacer ? (si tout votre discours est écrit dessus, la réponse est « oui »)

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L’affreux méchant vilain abominable « diapocument »

Vous savez, ces diaporamas qui se veulent être des documents mémo à distribuer ? Mettons les choses au clair : non seulement c’est inefficace mais, en plus, c’est laid ! (ne le prenez pas personnellement, moi aussi j’en ai fait).

Le diaporama n’est pas un document à distribuer à la fin. On veut généralement faire une pierre deux coups mais c’est tout le contraire de l’efficacité car votre présentation et ce que vous distribuez à votre public ont des rôles totalement différents.

Si vous devez compléter votre exposé avec des données supplémentaires (chiffres, liens vers des études, références, schémas, analyses…), préparez un vrai document à part. Non seulement, il sera fort utile à votre auditoire qui pourra se replonger dedans (et pas dans vos 150 diapos imprimées… non mais, sérieux, qui a déjà relu un bloc de dipos imprimées ??!?) et en plus, il vous permettra de ne pas vous sentir obligé de tout raconter dans votre présentation.

« Jamais, ne distribuez jamais de copies papier de vos diapos, et surtout pas avant la présentation. C’est l’erreur fatale » David S. Rose (@davidsrose)

De plus, les « diapocuments » représentent une distraction assurée : comme on ne peut pas à la fois écouter et lire attentivement et que l’on lit plus vite que le présentateur ne parle, le calcul est vite fait… C’est dommage, non ?

Une présentation se compose donc de 3 éléments distincts :

  • Votre diaporama
  • Vos notes
  • L’imprimé à distribuer si vous en avez un

Composer l’histoire

Qu’est-ce qui fait que certaines présentations vont être absolument brillantes et d’autres si peu mémorables ? Dans Ces idées qui collent (2007), Chip et Dan Heath rappellent que les idées qui marquent les audiences partagent toutes les caractéristiques suivantes :

  1. Simplicité : si tout est important alors rien n’est important. Soyez intransigeant avec soi-même pour simplifier votre message et ayez le courage d’éliminer le superflu.
  1. Surprise : faites voyager votre public, réveillez sa curiosité
  1. Concret : parlez d’images concrètes, pas de notions abstraites
  1. Crédibilité : souvent, nous donnons tout un tas de chiffres et de données pour la prouver. Pourtant, crédibilité et ennui ne sont pas synonymes… .
  1. Émotion : les émotions aident considérablement la mémoire. Les images visuelles comme verbales, permettent une connexion plus viscérale et affective avec l’idée.
  1. Histoire : nous enseignons, apprenons et grandissons avec des histoires
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Par Thomas Huang

 

Qu’est-ce qu’une histoire ?

Elle se compose d’un début (identifier le problème), d’un déroulement (avec une apogée, un moment particulièrement critique) et d’une conclusion (résolution du problème / perspectives d’action). Une histoire n’est pas forcément de la fiction : les documentaires eux aussi racontent une histoire.

Quels sont ses effets ?

Une histoire permet d’impliquer l’auditoire et de lier vos idées à une émotion. C’est le meilleur moyen d’expliquer des idées compliquées. Souvenez-vous de vos supers profs du collège-lycée. Bien souvent, ils ne se contentaient pas de suivre un programme dans un manuel, mais leur personnalité, leurs expériences et leur passion les aidaient à façonner leurs cours et à vous emmener en voyage.

Le risque d’en savoir trop…

Les frères Heath évoquent aussi la « malédiction du savoir » qui relève de l’incapacité de la part du conférencier à imaginer ce qui se passe dans la tête des personnes qui ne possèdent pas le même niveau de connaissances que lui sur le sujet de l’exposé. Dites-vous toujours que vous avez mis plusieurs mois, voire plusieurs années, à devenir spécialiste de votre sujet. Votre auditoire, pour vous comprendre, n’a pas besoin de tout savoir. Par contre, il a besoin que vous soyez clair et synthétique.

Créer son storyboard

Le storyboard va être l’outil qui vous permettra de visualiser l’enchaînement de votre contenu narratif. Pour le créer, quelques étapes à suivre :

  1. Brainstorming : il s’agit de recueillir sans aucun jugement le maximum d’idées (pas de « oui mais », pas d’auto-censure. Accueillez les idées les plus folles, vous verrez plus tard si vous les conservez ou pas (on me susurre dans l’oreille qu’un atelier brainstorming sera organisé incessamment sous peu par doc@paris…) .
  2. Grouper et identifier le cœur du message: qu’est-ce que le public doit retenir ? quelle est l’idée clef ? Le fil conducteur ?
  3. Création du storyboard sans ordinateur : organisez les post-its de l’étape 2, imprimez des diapos vides pour les y insérer (ou faites-vous plaisir si vous êtes amateur/trice de carnets et prenez le Moleskine spécial storyboard).
  4. Ébauche des visuels : comment allez-vous représenter vos idées pour les rendre mémorables et accessibles ? Utilisez des pictogrammes, des citations, des mots-clefs,…
  5. Création du storyboard en mode trieuse de diapos sur PPT
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« Coupez sans merci. Dans le doute, coupez« , Garr Reynolds

Le design

Le malentendu est souvent de croire que le design s’ajoute à la fin, comme la cerise sur le gâteau. Et bien nope !

Le design :

  • Intervient au tout début car il nous sert à organiser les informations
  • Est un moyen de persuasion, pas un ornement !
  • N’est pas de l’art même s’il a une forte composante artistique : le designer doit être conscient de l’utilisateur final et de la meilleure manière de résoudre un problème du point de vue de cet utilisateur

Simplicité, naturel et élégance

C’est le mantra de Garr Reynolds. Évident mais pas du tout facile à atteindre. Mais alors, du tout, du tout, du tout.

Qui dit simple ne dit pas simplet ou simpliste. Dans le doute d’être mal compris, on a souvent tendance à en rajouter alors que l’on sait tous très bien que quantité n’égale pas qualité.

Flat Garden, Portland Japanese Garden

« La simplicité, c’est produire un maximum d’effet avec un minimum de moyens« , Dr Koichi Kawana

La combinaison du simple, du naturel (=retenue) et de l’élégance (= bon goût) permet d’amplifier le propos. « Mais tout cela prend du temps ! », me direz-vous. Oui. Beaucoup de temps même. Mais si le public perd son temps, alors qu’elle importance que nous ayons épargné une heure ou deux dans la préparation des diapos ?

La composition des diapos

Le rapport signal / bruit

Il s’agit du rapport entre les éléments pertinents et ceux superflus dans une diapo. Le cerveau réagit mal quand il faut traiter un excès d’infos : il est donc important de veiller à limiter la dégradation du message.

Qu’est-ce qui affaiblit le message ?

Graphiques inappropriés, icônes, libellés ambigus, traits, formes, logos, symboles, pieds de page, numéro de diapo,… En bref, tout out ce qui ne joue pas un rôle essentiel.

La « warning list » :

  • Limitez le plus possible les listes à puces et le texte
  • Attention aux animations ! Soyez subtils et sobres. Avec les animations, on tombe vitesse grand V dans le kitsch… Évitez les fondus, rotations et autres transitions. Idem évitez le 3D, moins lisible que le 2D
  • Clips arts : non ! non ! non ! Définitivement non !
  • Logo de l’institution : uniquement sur la première et la dernière slide. Idem pour le pied de page indiquant votre nom et le titre de l’intervention.
  • Attention aussi aux templates proposés par Powerpoint qui sont souvent saturés d’éléments (eux aussi très kitsch). Préférez une charte graphique plus simple que vous réalisez vous-même.

L’effet de supériorité de l’image

L’image est un puissant outil mnémotechnique, ultra efficace quand elle est en plus associée à un mot-clef.

Pour cela :

  • elles doivent être de qualité professionnelle (haute résolution)
  • les insérer en « arrière-plan » (plein écran sans bordure ni marges).
  • L’idéal est que l’image contienne suffisamment d’espace uniforme pour que l’on puisse y placer le texte avec un bon contraste.

Demandez-vous : quelle information introduite par du texte pourrait être remplacée par une image ?

Quelques outils fort utiles

L’espace vide

C’est aussi ce que l’on appelle espace blanc ou espace négatif. Le principe est de ne pas chercher pas à remplir chaque cm² et à faire respirer son contenu. Le vide aère et donne de la force aux autres éléments (pensez aux boutiques de luxe qui sont souvent très sobres). Pour équilibrer la répartition de vos contenus, vous pouvez utiliser la règle des tiers en traçant sur votre diapo une gille de 4 lignes : les 4 points d’intersection (points de force) constituent des emplacements où vous pouvez positionner le sujet principal.

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Les 4 piliers

  • Contraste et hiérarchie : si aucun élément ne domine, l’observateur ne sait pas par où commencer. Variez les tailles des polices voire les polices elles-mêmes pour les titres, les mots-clefs, les liens hypertextes, …
  • Proximité : on ne doit pas avoir à se demander quelle légende va avec quel graphique ou si une ligne est un titre ou un élément indépendant
  • Répétition: cohérence de l’ensemble (feuille de style)
  • Alignement: sur Powerpoint, pensez à utiliser la ligne en pointillés rouge qui s’affiche temporairement quand vous déplacez une forme. Elle vous permettra d’aligner ou de centrer parfaitement les éléments d’une diapo.

La couleur

Liée aux émotions, elle aide elle aussi à la mémorisation. Pour cela, elle doit être choisie avec soin, en évitant les tons criards. Quelques outils utiles :

policesLes polices

Pour une présentation, il faudra préférer des polices sans serif, pas plus de trois pour un même document et assez grande pour être lue depuis le fond de la salle.

Powerpoint : trucs et astuces

Onglet Accueil

  • Organiser (premier plan / arrière plan)

Onglet Création

  • Variantes : nuanciers de couleurs
  • Ratio d’aspect des diapos : 16:9 ou 4:3. Attention, dépend de l’écran de projection ! Si vous ne savez pas, je vous conseille le 4:3.

Onglet Insertion

  • Images / capture d’écran (n’oubliez pas d’insérer les droits d’auteur des photos utilisées)
  • Vidéos
  • Formes (format de la forme : transparence et aussi remplissage / autres couleurs de remplissage / personnalisées : code RVB)
  • Zone de texte
  • Pour changer la couleur d’un lien hypertexte : onglet création / couleurs / personnaliser les couleurs

Onglet affichage

  • Mode normal / Trieuse de diapositives (mode idéal pour avoir la fameuse vue globale).

Enregistrer

  • Toujours enregistrer votre ppt final sous deux formats : ppt ET pdf
  • Compresser les images (sauf si mises en arrière-plan) pour alléger le fichier en sélectionnant une image (onglet Outil image)

La présentation orale

TEDx BORDEAUX 2014

« Plus votre présentation sera visuellement frappante, plus les gens s’en souviendront. Et surtout, ils se souviendront de vous« , Paul Arden

Démarrer fort

Ne vous perdez pas dans une introduction à rallonge ou des formalités, commencez fort, ayez du PUNCH !

  • Personnel
  • Inattendu : allez à l’encontre des attentes du public, jouez sur l’effet de surprise
  • Nouveau/inédit: donnez des perspectives nouvelles
  • Provoquant (challenging): provoquez intellectuellement votre public
  • Humoristique: le rire est contagieux. Non seulement il créé une ambiance générale positive mais, en plus, si les gens rient c’est qu’ils écoutent.

Le public donne une période de 2-3 minutes de « lune de miel » à l’orateur pour lui donner sa chance. Les minutes de démarrage sont donc extrêmement importantes et ne  doivent jamais commencer par une excuse (du style « je n’ai pas eu le temps de faire mieux »). Il est préférable de se lancer dans le vif du sujet en évitant la diapo plan/ordre du jour que vous ferez plutôt à l’oral en quelques secondes.

Établir un contact avec l’auditoire

  • Ayez un contact visuel avec l’auditoire, en balayant régulièrement l’assistance du regard.
  • Prenez en compte la durée de l’attention (entre 6 et 20mn pour un adulte) : plus c’est court mieux c’est 😉 ! Si vous intervenez plus de 2h, insérez une diapo avec une belle photo de café pour signifier la pause, ça vous évitera de l’oublier
  • Bougez ! L’idéal est d’avoir une télécommande pour pouvoir faire avancer ses slides sans être rivé au clavier de l’ordinateur
  • N’hésitez pas à laisser un peu le public sur sa faim, donnez lui envie d’aller chercher par lui-même des informations à l’issue de votre présentation
  • Et, enfin, par pitié, laissez les lumières allumées ! D’une part, vous pouvez ainsi voir votre public et, surtout, votre public peut vous voir, prendre des notes (pour avoir testé, sketchnoter dans le noir c’est pas cool du tout) et rester éveillé (et oui…).

Quelques idées de lectures/visionnages/promenades numériques pour aller plus loin :

Sur ce, sacàmainetsacàdos vous souhaite tout plein de moments diporamesques kiffants et aussi de très bonnes et chouettes vacances !

Mes petites histoires d’active learning : 3 idées d’exercices

Comme promis lors du premier article, je vous propose de revenir sur trois exercices de pédagogie active. Ceux-ci ont le mérite d’être très facilement applicables lorsque vous vous trouvez en situation de formation, que ce soit des usagers ou de vos collègues (et peu importe la durée de la formation, ils sont tous plutôt courts).

Le sac à trouilleS (Bag of fears)

A quel moment je l’utilise ?

Le « sac à trouilles » (traduction perso de l’exercice « bag of fears » proposé dans le génial Active learning techniques for librarians) intervient principalement en début de formation, au moment où vous essayez de déterminer quels sont les « bagages » de vos apprenants : connaissances déjà acquises sur le sujet, filtres personnels voire blocages. Le sac à trouilles vous permet justement d’identifier quelques-uns de ces blocages et d’y répondre dans la mesure de vos moyens au cours de la formation.

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Objectif du sac à trouilles

Il s’agit de rassurer les apprenants à propos de la formation.

Matériel

  • un sac
  • autant de cartes /petits papiers que de participants

Règles

  • distribuez à chacun une carte
  • demandez aux apprenants de noter ce qu’ils redoutent à propos du sujet que vous allez aborder (les cartes sont anonymes, ce détail est important pour que les personnes se sentent en confiance et s’expriment librement)
  • collectez les réponses dans un sac
  • vous pouvez choisir de les lire à haute voix, d’en résumer le contenu (peut-être plusieurs cartes évoquent-elles les mêmes peurs ?) ou de les épingler sur un tableau
  • à la fin de la formation, reprenez chaque «peur» et demandez à vos apprenants si elle a été résolue

Exemples d’applications

  • En formation des doctorants avant une séance sur le dépôt et la diffusion de la thèse électronique
  • En formation interne lors du passage à un nouvel outil (SIGB, discovery tool, RFID,…)

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Le lancer de dé

A quel moment je l’utilise ?

Certains droits réservés par Ilaria Coradazzi (Source : Flickr)

Certains droits réservés par Ilaria Coradazzi (Source : Flickr)

Le « lancé de dé » est à utiliser à tout moment de la formation, afin de créer une différence de rythme et de récapituler des points vus précédemment.

Dites-vous bien que plus vous allez diversifier les manières de transmission de vos contenus, plus vous allez augmenter les capacités  mémorisation de vos apprenants.

Objectif du LANCé de dé

Faire réagir les apprenants en misant sur l’aléatoire et se remémorer des informations tout en bougeant son corps ! Youhou !

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Matériel

  • un dé en mousse que vous pouvez par exemple trouver ici
  • une feuille de paperboard (et du scotch si vous n’avez que la feuille et pas le paperboard…)

Règles

J’ai adapté le jeu du lancé de dé à partir du jeu-cadre Thiagi : « interruptions intelligentes ». Créés par Sivasailam Thiagarajan, les jeux Thiagi permettent de remettre le participant au centre d’une formation et de stimuler l’intelligence collective. Ils sont divisés en plusieurs catégories dont celle des « jeux-conférences » à laquelle fait partie le jeu « interruptions intelligentes ». Les jeux-conférences consistent en une interruption brève de la présentation et peuvent se pratiquer même lorsque l’on se retrouve face à un grand nombre de personnes (dans un amphi par exemple). Attention cependant, ils ne sont pas un prétexte pour relancer le débat (sinon vous risquez de ne plus du tout maîtriser votre temps…).

  • toutes les 15-20 minutes, vous interrompez la formation et vous lancez le dé à l’un de vos apprenants
  • en fonction du chiffre qui apparaît à la réception du dé, la personne est amenée à :
  1. Poser une question ouverte sur le sujet
  2. Faire un commentaire
  3. Proposer un exemple (réel ou imaginaire) d’application possible
  4. Présenter une idée d’application personnelle qui utilise les nouvelles connaissances
  5. Résumer ou paraphraser les points-clés
  6. Critiquer une des idées présentées
  • l’apprenant ayant reçu la première fois le dé le relance vers un de ses collègues. Je vous conseille une moyenne de 3 lancés de dé par tranche de 15-20 minutes.

Je précise également que les 6 actions ci-dessus peuvent être adaptées à loisir (par exemple, je trouve que la distinction entre les n°3 et 4 n’est pas hyper claire. Si vous avez des suggestions d’amélioration, je suis preneuse…).

Pour terminer, je vous conseille de reporter vos 6 items sur une feuille de paperboard si vous ne voulez pas avoir à revenir en arrière dans votre ppt à chaque fois que vous proposez l’exercice.

Le memory

A quel moment je l’utilise ?

Ce jeu intervient lors de la « phase de mémorisation » (cf. les phases d’apprentissage définies par Bruno Hourst dans Former sans ennuyer), c’est-à-dire plutôt vers la fin de la formation lorsque vous avez transmis la majeure partie de vos contenus. Cette phase de mémorisation est cruciale car la plus grande partie de ce que nous apprenons aujourd’hui sera oubliée dans les 24 heures, à moins qu’il y ait une démarche délibérée pour consolider cette information dans la mémoire à long-terme.

Prévoyez une durée d’environ 20 minutes pour le jeu du memory.

Matériel

  • un peu de temps de préparation en amont pour concevoir le jeu
  • des cartes vierges de memory (une moitié avec des questions, une moitié avec des réponses par exemple). Vous pouvez en trouver sur le site Tout pour le jeu.
  • si vous voulez associer des mots et des pictogrammes, je vous conseille The Noun Project pour la partie pictos
  • pensez à distinguer le verso de vos cartes : par exemple, une gommette bleue pour les cartes « mots », une gommette violette pour les cartes « pictos »
  • une fois que vous avez décidé du contenu de vos cartes de memory vous pouvez les imprimer ou les dessiner (si, comme moi, vous êtes un peu à l’arrache, vous allez probablement imprimer 😉 )
  • un jeu = 8 personnes (très) grand max. N’hésitez pas à créer plusieurs jeux si cette idée vous plaît.

Règles

Photo : Benoit_Vallauri

Photo : Benoit Vallauri

  • les participants sont assis en cercle (par terre ou autour d’une table)
  • toutes les cartes du jeu sont, dans un premier temps, présentées par paires (c’est d’autant plus important si vous compliquez le jeu en faisant des associations de mots et de visuels)
  • les cartes sont ensuite mélangées et retournées au milieu
  • chacun à son tour tourne deux cartes à la fois (une de chaque type) et tente de faire coïncider les paires
  • celui qui trouve une paire la retire du jeu et peut rejouer immédiatement
  • si les cartes ne correspondent pas, le joueur les retourne en les laissant bien à leur place
  • la personne qui a trouvé le plus de paires a gagné !

 

Et maintenant, à vous de jouer !

 

Mémoire d’étude et de recherche

Saviez-vous que l’arrêté du 15 avril 1997 fixe les modalités du classement des conservateurs stagiaires ? Eh oui, nous sommes notés et classés à l’Enssib, même si aujourd’hui ce classement a moins d’importance que par le passé. Mais aujourd’hui, je souhaite parler d’une des épreuves qui servent au classement : le mémoire d’étude et de recherche.

C’est le passage obligé pour tout conservateur. Il s’agit d’un travail à mener sur l’année, avec l’aide d’un directeur de mémoire. L’idée est de faire de la « recherche appliquée », c’est-à-dire de prendre du recul et d’avoir une réflexion sur une problématique métier, tout en ayant une approche ouverte et concrète. Vous pouvez trouver ceux qui ont eu une note supérieure à 14 dans la bibliothèque numérique de l’Enssib (ceux qui ont plus de 17 ont des petites palmes, comme au festival de Cannes).

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Élève DCB ayant reçu les palmes de l’Enssib.

Avant cela, il va falloir choisir un sujet, ce qui vient d’être fait dans notre promotion. L’Enssib en propose un certain nombre, provenant de professionnels des bibliothèques ou d’autres structures. Mais il est également possible d’en proposer personnellement qui seront examinés attentivement. Excité par cette idée, j’en avais proposé quatre, issus de réflexions personnelles, d’interrogations ou d’envies. Pour différentes raisons, aucun d’entre eux ne sera traité cette année. Alors autant les partager avec vous.

La motivation des personnels

Mon argumentaire officiel

Le Petit Robert définit la motivation comme « [l’]action des forces (conscientes ou inconscientes) qui déterminent le comportement (sans aucune considération morale) ». Dans ce cadre, il s’agit pour le manager d’agir et de trouver les bon moyens pour maintenir dans son équipe un mouvement continu d’amélioration et de bien-être au travail, le tout visant à rendre un meilleur service tout en étant plus productif. Mais dans un service public, quels peuvent être ces leviers ?

Le contexte peut influencer négativement les forces en action. A côté des crises (financières, politiques, humaines) se trouvent aussi des phénomènes d’usure dus à un manque de changements (absence de projet d’établissement, d’objectifs, d’évolutions). Les causes de baisse, voire de disparition de la motivation peuvent être nombreuses et frapper de manière brutales les agents. Les attentes et les comportements variant d’un individu à l’autre, comment agir face au groupe ? Faut-il personnaliser l’accompagnement pour une meilleure motivation ?

Les missions des bibliothèques, qu’elles soient territoriales ou d’État, sont également interrogées par leurs tutelles respectives. Dans un contexte en constante évolution, où les changements peuvent être nombreux et rapides, comment maintenir l’intérêt des personnelles dans leurs missions quand celles-ci sont remises en cause ?

Ce mémoire pourrait donc s’attacher à décrire les outils à disposition pour, dans le contexte de la fonction publique et à travers différentes situations, maintenir un niveau satisfaisant de motivation dans les équipes et indiquer la manière d’accompagner au mieux les agents pour cela.

Ce que j’aurais voulu faire

Eh oui, on a tous des coups de mou de temps en temps, une envie de rien sinon de se planquer dans son bureau. Oui mais voilà, nous ne sommes pas tout seuls à bord du navire : il y a tout un équipage à motiver, même en l’absence de projet. Alors comment on fait sans budget et surtout sans objectifs clairs fixés par sa direction ? Et comment on gère les situations de crises ?

Pour tout cela, j’imagine que j’aurais dû éplucher la littérature sur le sujet et étendre mes connaissances en ressources humaines. Il y aurait aussi certainement eu des entretiens à faire, par exemple auprès de DGS, de responsables des ressources humaines, de managers en bibliothèque et d’agents : ont-ils des recettes miracles ou attendent-ils que cela passe tout seul ? Enfin, il aurait été intéressant de s’appuyer sur des cas concrets.

La difficulté principale aurait cependant consisté dans la préservation d’un certain anonymat. Comment en effet se plaindre de sa hiérarchie, de ses tentatives et de ses échecs ?

L’idée au final aurait quand même été de donner quelques exemples de réussites et quelques clés pour aider les responsables de service. Avec peu, on peut parfois faire beaucoup.

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Tentative de motivation des personnels par la méthode Coué à la BM de X.

Le rire bibliothécaire

Mon argumentaire officiel

Le Petit Robert définit l’humour comme une « forme d’esprit qui consiste à présenter la réalité de manière à en dégager les aspects plaisants et insolites ». Si l’objectif est de déclencher le rire chez l’autre, l’humour a également plusieurs autres fonctions : amuser, détendre, avoir un effet cathartique… Il s’appuie pour cela sur plusieurs ressorts, de l’autodérision à l’absurde.

Les bibliothécaires font régulièrement preuve d’humour et le montrent, que cela soit sur Internet ou dans la presse professionnelle. Cela n’est pas fait dans un but gratuit. Il peut s’agir de renforcer les liens de la communauté professionnelle, en s’amusant de ses manies et défauts. Mais il peut aussi s’agir d’un acte de communication adressé à l’ensemble de la population, avec pour objectif de montrer un bibliothécaire ouvert et relié à la société actuelle. Mais cette manière de communiquer, en partie inspirée du monde commercial, est-elle la bonne manière de procéder ? Et dans quels cadres peut-elle être utilisée : sur les réseaux sociaux, à l’accueil, en interne, en formation… ? Car l’humour a aussi ses règles et ses limites.

Ce que j’aurais voulu faire

Montrer que les bibliothécaires sont drôles bien sûr ! Il y a des tas d’images, de vidéos et d’histoires qui circulent sur la toile à ce sujet. Dans l’idéal, j’aurais aimé avoir trois angles d’attaque :

  • L’humour « intra-professionnel » : il me semble que nous avons beaucoup d’humour sur nous-mêmes et que l’on se moque assez de nos défauts. Cet humour apparaît comme une sorte d’exutoire face aux problèmes rencontrés, à notre incapacité à savoir comment évoluer ou à se décharger de la tension créée parfois par la relation avec l’usager.
  • L’humour « communicationnel » : pour changer notre image, l’humour est utilisé dans certaines campagnes de communication. Est-ce que cela est bien perçu par les usagers et surtout ceux qui ne viennent pas à la bibliothèque ?
  • L’humour sur les bibliothécaires : c’est-à-dire comment l’image des bibliothécaires sert à faire de l’humour dans les médias. J’avoue que sur ce point, je suis surtout marqué par la rencontre de Dilbert avec une bibliothécaire.

Pour appuyer cela, j’aurais bien aimé rencontré et parler avec plusieurs personnes : Mlle Salt of course (en espérant que James vienne me chercher à la gare), le ou les auteurs du Dictionnaire du [diable] des bibliothèques que je lis à tous les externes que je croise, solliciter de sa Haute Bienveillance un entretien avec M. Conservateur Général (en espérant éviter une mutation à Saint-Pierre-et-Miquelon), revenir avec Noëlle Balley sur Le bibliothécais sans peine, etc.

Je réfléchissais aussi à créer une page Facebook sur le sujet et à poster chaque semaine un média humoristique relié aux bibliothèques et d’y joindre un questionnaire pour savoir qui cela faisait rire. L’humour est en effet quelque chose de très personnel et je pense que c’est dans cette subjectivité qu’aurait résidé l’écueil principal de ce sujet.

Enfin, je n’aurais pas manque de me tourner vers les collègues créatifs qui ont réalisé ces vidéos (liste non exhaustive).

 

Image et perception des bibliothécaires dans la société française contemporaine

Mon argumentaire officiel

Après les attentats de 2015, la communauté professionnelle des bibliothécaires s’interroge : pour redonner le goût du vivre ensemble, renouer le lien social, offrir un espace de culture et d’échange, les bibliothèques ne sont-elles pas les mieux placées ? Sur le papier et dans les faits, cela semble être le cas : bâtiments modernes et vitrés, horaires élargis, action culturelle… Ces évolutions ont séduit certaines catégories de la population, qui les fréquentent maintenant assidûment. Elles ont aussi au contraire suscité des réactions de rejet, qui ont conduit à leur destruction.

Mais au-delà de la valeur symbolique de l’institution, cette politique culturelle et cet accueil sont mis en place et tenus par des femmes et des hommes. Ceux-ci donnent une image d’eux auprès des usagers et des tutelles, mais doivent aussi composer avec un imaginaire largement répandu dans la population. Cette image est parfois lourde à porter et en contradiction totale avec la réalité, ainsi qu’avec les valeurs et les actions qu’ils souhaitent porter. Dans ce contexte, la valeur symbolique de la bibliothèque qui marque ceux qui la font fonctionner est-elle un frein à l’évolution des bibliothèques dans un rôle plus social ? L’écart entre la perception de la population des bibliothécaires et la réalité actuelle est-il infranchissable ? Et quels seraient les moyens de le dépasser ?

Ce que j’aurais voulu faire

Eh bien oui, on a des beaux bâtiments, mais quelle image on renvoie de notre profession ? Vous avez tous, je le sais, expérimenté le « Tu fais quoi dans la vie ? », suivi du « C’est cool, moi aussi j’adore lire ! Mais ce n’est pas trop ennuyeux comme boulot ? » (voire du « Et tu fais quoi toute la journée, à part lire ? »). Et à l’heure où nous souhaitons que nos lieux soient le plus ouverts possibles, des lieux de vie, de rencontre, de vivre ensemble, il me semble que la moindre des choses c’est de commencer par s’interroger sur nous-mêmes et de comment nous pouvons nous améliorer. Je ne doute pas que cela soit déjà le cas dans de nombreux endroits, mais il faut que cette nouvelle image se diffuse dans la société pour que les personnes viennent pour le bâtiment et les collections puis reviennent grâce à nous.

La difficulté principale aurait certainement été le nombre de personnes à interroger pour avoir un point de vue assez large que la population actuelle porte sur notre profession. J’aurais aussi pu passer par une analyse des campagnes de communication et étudier leurs retombées sur la fréquentation et les inscriptions dans les établissements. Mais le travail aurait certainement été très (trop ?) lourd à mener en une année.

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Que pensez-vous des bibliothécaires ?

La mémoire d’une bibliothèque : comment garder la trace de l’histoire d’un établissement ?

Mon argumentaire officiel

Certains établissements de lecture publique ont aujourd’hui plusieurs dizaines d’années de fonctionnement. D’autres, au contraire, se sont ouverts récemment. Mais, dans un cas comme dans l’autre, leur architecture répond à un projet précis, leurs missions sont définies par des élus et ont vocation à évoluer, leur activité doit s’adapter à la population desservie et leur équipe changera au gré des mutations, remplacements et départs en retraite.

Ces changements, nombreux et à l’impact plus ou moins forts, vont constituer à terme l’histoire de la bibliothèque. Mais il ne semble pas ou peu exister aujourd’hui de pratiques permettant d’en conserver trace et de la restituer de manière factuelle et fiable.

Quelle est vraiment la réalité dans ce domaine ? Des bibliothèques se sont-elles créées des archives permettant de garder trace de son activité à tout niveau (architecture, action culturelle, personnels, photographies) ? Comment pourrait-on procéder pour cela ?

Ce que j’aurais voulu faire

Vous est-il déjà arrivé de prendre un poste et de ne trouver aucune trace de celui ou celle qui vous avait précédé, sinon quelques éléments transmis par les collègues ? Ou au moment de quitter votre poste, vous êtes-vous demander ce qu’il fallait laisser pour les suivants ? Moi, ça m’est arrivé. Et du coup, cette question de l’histoire d’un établissement traînait dans mon esprit.

Dans l’idéal, j’aurais aimé sélectionner des bibliothèques publiques à différents stades de leur vie (avant l’ouverture, à 5 ans, 10 ans, 20 ans, 30 ans, 40 ans), voir ce qu’elles avaient mis en place pour sauvegarder leur mémoire et relever les « traces » de leur histoire : à quoi servait cette salle à l’origine ? Qui était le premier directeur ? Quelles sont les actions culturelles qui ont eu lieu il y a 10 ans ? Etc… A partir de là, interroger, si cela restait possible, les personnes qui étaient là à l’origine du projet et essayer de déterminer si ce qui était prévu à l’origine avait été préservé ou avait évolué dans un sens très différent. Enfin, j’aurais aimé mettre en place des outils pour aider les établissements à systématiser la conservation d’archives propres à permettre de construire en interne l’histoire d’un équipement.

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Quand on se plonge dans l’histoire de sa bibliothèque.

Voilà, il n’est donc pas prévu que ces quatre sujets soient traités prochainement, du moins pas sous cette forme. Je reviendrai certainement sur certains d’entre eux sur ce blog, sous une forme ou sous une autre. Et je vous parlerai prochainement du sujet finalement retenu. Mais ceci est une autre histoire ^^

Sketchnoter un compte-rendu de réunion ou de formation (en direct live ;)

Les 25-26 janvier derniers, j’ai assisté à la formation que je m’offrais pour Noël : l’ atelier #visualmapping assuré par Philippe Boukobza (qui tient l’excellent blog Heuristiquement) à l’hôtel Ibis de Gentilly.

Outre le fait que j’ai kiffé un truc de dingue cette formation (ça sort du cœur, que voulez-vous  ! ) et que j’ai bien l’intention de poursuivre jusqu’à la certification, j’ai désormais pris la résolution de sketchnoter mes compte-rendus de réunion, de formation ou de journées d’études. A peu près tout ce qui me tombe sous la main, en fait.

Pourquoi ?

Parce que (je sais que vous y pensez vous aussi), un compte-rendu est généralement ch*%$t à souhait. Du coup, il a de fortes chances que vous ne le [re]lisiez jamais. Et que dire si vous fowardez à vos collègues votre beau document Word de 15 pages police 11… ? En bref, plein de boulot pour très peu de résultats.

Sketch…quoi ?

Philippe Boukobza le définit ainsi : « Le « Sketchnote » ou « Croquinote » en français, consiste aussi à traduire en pensée visuelle des concepts, processus, idées, conversations, mais individuellement et comme technique de prise de note ». En mettant en avant mots-clefs, expressions, relations et pictogrammes, vous êtes obligés non seulement de bien comprendre le contenu que vous transcrivez mais également de le simplifier au maximum. A bas les phrases parasites qui alourdissent vos CR.

Abordons la question du « dessin »

Pour en avoir discuté avec pas mal de monde, on touche là un point sensible. En voyant mes sketchnotes, beaucoup de collègues ou amis se sont exclamés « oh mais toi tu es douée, ça se voit tout de suite, il n’y a pas de ratures, et puis tu es créative, moi je n’en suis pas capable, j’écris mal et je ne sais pas dessiner ». Je peux vous dire que ça a le don de me mettre en boule. Genre, vraiment (poke @amarois). Parce qu’en plus je suis une godiche en dessin d’art. C’est vrai que j’aime bien que ce soit propre mais je n’en ai rien à faire que ce soit « beau » ou pas, je me fais juste plaisir. Je souligne au passage que le sketchnote n’a pas vocation à être beau : il a vocation à être compris, (re)lu et mémorisé.

J’en reviens au dessin : nous sommes tous capables de dessiner ! Je parie que quand vous étiez petits vous ne vous posiez même pas la question. Une feuille de papier, des feutres et zoup ! c’était parti. Même que vous y passiez des heures. Malheureusement l’école, les avis des uns et des autres, le cadre imposé par le travail, ont fait leur petit effet. Et c’est aussi valable pour le sport, la musique, les langues, les maths, l’écriture. On est dans le clan des doués ou on ne l’est pas. Et si on ne l’est pas, on n’y touche surtout pas  !  Du coup, ce n’est pas tant notre capacité à faire telle ou telle chose qui pose problème mais la confiance que l’on porte en elle. Vous vous auto-limitez, voilà, c’est dit.

Maintenant, prenez une feuille de papier, un stylo et regardez la vidéo suivante :

Vous voyez, vous êtes capables de dessiner ! 😉

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Mais ça doit prendre du temps !

Pas plus que de taper un compte-rendu, de le relire pour le compléter et le mettre en forme. Certes, il faut prendre de nouvelles habitudes et admettre que vous n’allez pas tout noter et seulement retenir les concepts clefs de ce qui se dira. C’est aussi pour cela que votre typographie et vos pictogrammes doivent être tout simples à réaliser.

Se lancer (youpi !)

  • comme le dit Graham Shaw dans sa vidéo, soyez « openminded » : en gros, lâchez-vous, ne pensez pas au résultat. Gardez en mémoire ce qu’a écrit Zohra Kaafar dans une de ces présentations : « la créativité est contagieuse, faites-là tourner« 
  • sachez que la première fois, vos collègues vont probablement observer ce que vous faites d’un air bizarre (mais vite intéressé !)
  • pour commencer en douceur, vous pouvez sketchnoter de très courtes réunions ou tout simplement le cheminement de vos idées pour un projet, une formation à donner,…

Côté sketchnote, comment s’y prendre ?

  • pour représenter visuellement une idée ou un concept abstrait, pensez à ses formes (carré, rond, rectangle,…) ou à l’image que cela vous évoque. Voici quelques exemples :

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    • utilisez des flèches, des bannières, des typographies différentes pour mettre en avant vos idées principales. Visuellement ça change tout et en plus c’est tout simple à faire.

#sermonnotes #sketchnotes #visualnotes #tips

  • pensez à bien équilibrer pictogrammes et mots-clefs : il faut que votre sketchnote soit compréhensible plusieurs semaines/mois plus tard
  • dans un de ses articles, Philippe Boukobza rappelle les grands principes d’un bon sketchnote : utiliser l’espace pour faire respirer la note, mettre l’accent sur les mots-clefs en jouant sur la typographie, insérer des illustrations toutes simples pour donner plus de force au message et, enfin, rester sobre dans l’utilisation des couleurs
  • et, je le rappelle pour que ça rentre bien, ne cherchez pas à faire quelque chose de « beau » et à concurrencer Léonard de Vinci. Moi, j’aime bien dire que je gribouille ma réunion. Ça décomplexe 😉

Mike Rohde_Photo by my @kccoffeedesign friends of me presenting! Having a blast!

Conseils concernant le matériel

(NB : je vous dis ce que j’utilise mais n’importe quels papier/stylo conviennent. Personnellement, je trouve que la qualité du matériel et le plaisir que l’on a à l’utiliser font beaucoup mais, là, c’est vraiment à vous de voir)

  • en bonne Moleskine addict, je vous conseille : le carnet de croquis, la nouvelle collection de cahiers volants ou le carnet reporter compatible avec les étuis pour tablette. Quelle que soit la marque, prenez bien des carnets/cahiers à pages blanches (ou avec une dot grid qui vous aidera à calibrer vos tracés).
  • travaillez principalement sur un seul côté de vos feuilles (format portrait ou paysage, peu importe)
  • pour jouer plus facilement avec les épaisseurs de traits, vous pouvez utiliser des stylos noirs ayant des pointes allant du 0.05 (très fin, parfait pour les visages de vos bonhommes) au 0.8 (très épais, parfait pour les séparations, bannières ou flèches). Perso, j’aime beacoup les Staedtler ou les Micron.
  • pour les finitions, vous pouvez faire des ombres ! L’idéal est que vous disposiez d’un feutre pinceau plutôt clair (j’utilise les feutres Pitt Faber-Castel nuances de bleu ou nuances de gris et vous avez également les ArtMaker pointes flexibles rechargeables de Neuland qui sont juste déments).

Vous voulez sketchnoter depuis votre tablette / smartphone ?

Téléchargez alors l’application gratuite (dans sa version lite) Sketchbook Pro. Pour l’avoir testée, je vous conseille quand même d’utiliser un smartpen si vous compter sketchnoter tout un compte-rendu, c’est nettement plus pratique qu’au doigt.

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Je sais, le livre sur les Lego n’a rien à voir (mais il est arrivé en même temps 😉 )

 

Et pour terminer, je vous conseille évidemment THE livre sur le sketchnoting : The Sketchnote Handbook de Mike Rohde.

Spécialiste de la question, il est également l’auteur d’un Workbook (comprenant des techniques plus avancées) ainsi que d’une série de vidéos.

 

 

 

J’espère que je vous ai donné envie de vous y mettre (n’hésitez pas à partager vos productions sur les RS !) et, dans les prochains articles, je vous proposerai une « bib de bibliopictos » (et peut-être même un concours, tiens !) pour illustrer vos sketchnotes au quotidien.

Retour sur le concours de conservateur d’Etat

S’il y a bien un marronnier dans le monde des bibliothèques, c’est celui des concours. Chaque année, chacun passe les épreuves et scrute les résultats dans l’espoir de pouvoir se stabiliser ou progresser dans sa carrière. Alors quand on la chance d’avoir été reçu, il est normal de partager son expérience.

En 2015, à ma grande surprise, j’ai été admis au concours interne de conservateur d’État. Voici donc quelques éléments marquants qui ont pu m’aider au cours des différentes épreuves.


Les écrits

Pour être honnête, cette année devait constituer un premier retour dans le monde des concours, après 3 ans d’inactivité dans ce domaine. L’objectif pour moi était de passer ces épreuves sans préparation puis de demander mes copies pour analyser mes points faibles et les travailler les années suivantes. Cela est tout à fait possible de les demander au service organisateur du concours, aussi bien dans l’État que dans le territorial. Par contre, il n’y a pas obligatoirement les remarques des correcteurs.

Je me suis donc uniquement focalisé sur la méthodologie, plutôt que sur la culture générale. Mon arme secrète pour cela est l’ouvrage de Valentine Drevet-Benatti « La culture générale pour les grands débutants ». Elle présente de manière très drôle la façon d’aborder ces épreuves, tout en donnant des éléments concrets et pratiques. Il s’agit d’un ouvrage généraliste, qui ne concerne pas uniquement les concours des bibliothèques. Mais dans le cas présent, il s’est avéré très utile.

C’est donc sans stress excessif que je me suis présenté aux épreuves (5 heures de composition de culture générale, 4 heures de note de synthèse), car je n’en attendais pas grand chose. Voici les sujets :

  • Composition : Notre société a-t-elle besoin de héros ?
  • Note de synthèse : La vie privée est-elle encore possible à l’ère du numérique ?

Pour savoir ce qu’il fallait faire, vous pouvez vous référer au rapport du jury. Les meilleures copies sont également mises en ligne maintenant. Inspirant, non ?

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Quand tu apprends que tu es admissible au concours de conservateur et que tu n’as rien préparé.


 Préparation aux oraux

Les résultats me sont parvenus incidemment par Twitter, avant même que je puisse appuyer sur F5. Une fois le choc passé, il faut rapidement se mettre au travail (sauf si vous êtes plus prévoyants que moi), car il n’y a qu’environ un mois entre les résultats d’admissibilité et les oraux.

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Quand tu apprends par Twitter que tu es admissible et que tu n’as rien révisé.

Le dossier de RAEP

En tant qu’interne, il est nécessaire de remplir un dossier de RAEP (reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle). Le jury de l’épreuve de motivation professionnelle va s’appuyer dessus pour éventuellement échanger avec vous sur votre parcours. Pour les curieux, ce document RAEP est disponible en ligne. Vous avez environ 15 jours pour le remplir et le renvoyer en 5 exemplaires. Autant vous dire qu’il ne faut pas attendre et le préparer le plus tôt possible, avant les résultats si vous avez du temps.

Il est nécessaire d’y indiquer le parcours de formation, les expériences professionnelles et les compétences acquises et un rapport d’activité de deux pages qui a « pour but de préciser votre expérience et votre niveau de qualification ». Vous pouvez également joindre un ou deux documents ou décrire une ou deux actions pour illustrer vos compétences professionnelles.

Pour ma part, je me suis beaucoup appuyé sur le référentiel Bibliofil’, pour trouver dans mon parcours les compétences qui correspondent aux profils de poste pouvant être proposés aux conservateurs. J’ai également insisté dans le rapport d’activité sur les expériences qui montrent mes capacités de gestion de projet et de négociation. Enfin, j’ai également fourni les documents pour illustrer certains de mes propos, avec une note d’accompagnement expliquant le contexte de leur production et ce à quoi elles ont conduit.

La préparation

Et pour le reste, comment se préparer ? Eh bien, comme on peut.

D’une part, on regarde les épreuves auxquelles il va devoir falloir se frotter et en comprendre les attendus. Là encore, les rapports de jury sont très éclairants.

Si vous avez de la chance d’être proche d’une grande ville, vous pouvez également vous adresser à un CRFCB. Ceux-ci organisent chaque année des préparations au concours et, si vous êtes admissibles, certains acceptent que vous rejoigniez les groupes qui suivent la préparation depuis le début. Il faut également que votre employeur l’accepte, car cela signifie être absent du service pendant ce temps. Ces séances sont très formatrices car elles vous forcent à travailler en temps limité sur des textes que vous ne connaissez pas et à les présenter devant un jury. C’est très dur au départ mais plus on pratique, plus les réflexes arrivent rapidement.

Étant admissible en même temps que deux autres collègues, nous nous sommes également retrouvés certaines demi-journées pour travailler en groupe. Chacun a écrit sur des petits papiers une quinzaine de sujets (par exemple les Jeux Olympiques, Olympe de Gouges, les sectes…), qui ont ensuite été mélangés. Nous tirions alors chacun à notre tour un sujet et devions dire ce que nous savions dessus. Les autres ajoutaient ensuite les éléments qu’ils connaissaient. Lorsque nous séchions tous les trois, Internet nous apportait des premiers éléments de réponses. Avec quelques gâteaux et du thé (ou de la bière), ce furent des séances à la fois agréables et constructives.

Côté travail personnel, j’ai exploré deux pistes. D’une part, grâce à la préparation suivie, j’ai pu repérer mes plus grandes lacunes culturelles (notamment l’histoire du XIXème siècle). Il existe de nombreux ouvrages issus des collections encyclopédiques ou des manuels de premier cycle qui abordent les sujets qui peuvent vous intéresser. D’autre part, je me suis plongé dans l’actualité, avec lecture d’un quotidien tous les jours et épluchage des blogs professionnels. Pour ce qui concerne la presse, j’ai utilisé Europresse, proposé par de nombreuses bibliothèques, et qui permet d’accéder de chez soi aux journaux du jour en version PDF. Très pratique pour s’y plonger dès le matin ou le soir en rentrant du travail.

Pour l’épreuve de langue, euh… pas la peine d’espérer de devenir bilingue en un mois. Donc, soit vous êtes au top et c’est génial. Soit vous êtes comme moi et des séances intensives de films en VO et de lectures d’articles en anglais s’imposent. Après, je vous rappelle que l’épreuve interne de langue consiste en une discussion en français après la lecture et la traduction d’un texte. Stressant certes, mais pas autant que les externes qui doivent affronter deux épreuves de langue.

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Candidat admissible parlant des oraux avec ses collègues.

Et en dehors du concours ?

N’ayant pas envisagé d’être admissible, le mois de juin était prometteur, avec des week-ends bien chargés et des visites familiales. Que faire alors ? Se reclure dans sa chambre et renoncer à tout plaisir ? Ou oublier le concours et profiter de la vie en comptant que le miracle se reproduise ? Eh bien ni l’un ni l’autre.

Quand cela était possible, j’ai annulé ce qui pouvait être reporté. D’une façon générale, les gens comprennent très bien que vous ayez besoin de vous investir sur ce projet pendant un certain temps.

A l’inverse, quand l’annulation n’était pas envisageable, j’ai profité de ces sorties pour engranger des éléments pour le concours. Votre famille vient vous voir ? Emmenez-les au musée : vous pourrez parler de la dernière exposition que vous avez vue lors des oraux. Une soirée cinéma avec un ami de longue date ? Convainquez-le de ne pas aller voir Avengers 2 cette fois et jurez-lui que la dernière Palme d’Or est « soooo wonderful« . Un repas chez des amis ? Profitez-en pour vous renseigner sur leur métier, leurs passions : qui sait, ça pourra toujours servir.

Il me semble que ces petites pauses sont de toute façon très profitables. Une surcharge de stress n’est pas toujours facile à porter, même pour un mois seulement.


Durant les oraux

Voilà, c’est le grand jour, le D Day. Le stress est là, bien installé. Respirez un bon coup et tout ira mieux dans quelques heures, une fois les oraux finis. Il faut juste tenir trois fois trente minutes devant un jury.

Les choses à ne pas oublier dans votre besace

  • Votre convocation ;
  • Une pièce d’identité ;
  • Une montre (pour la préparation du commentaire et pour votre exposé de 10 minutes) ;
  • Des crayons de toutes les sortes ;
  • Une bouteille d’eau ;
  • Un dictionnaire unilingue pour l’épreuve de langue ;
  • Des petites choses à grignoter mais qui ne risquent pas de vous tâcher ;
  • Un peu d’argent pour décompresser à l’extérieur entre deux épreuves ;
  • Un téléphone (à éteindre pendant les épreuves) ;
  • Tous les gri-gri (non voyants de préférence) qui vous aideront à vous sentir mieux.

Comment s’habiller ?

Il faut rester simple mais montrer que vous maîtrisez les codes de l’épreuve qui fera de vous des futurs cadres. Donc remisez vos jeans et t-shirts au fond du placard. Une chemise, un costume et, si vous vous sentez à l’aise avec, une cravate feront l’affaire.

Les épreuves

Quels sont les attendus de ces épreuves ? Que vous montriez que vous savez vous exprimer et avoir un esprit critique. Vous aurez donc pour chacune des épreuves 30 minutes de préparation. Durant ce temps, vous devrez travailler sur le texte qu’on vous aura donné.

Pour l’anglais, il s’agit de traduire une partie du texte. Mais il faudra le lire entièrement et garder quelques minutes pour réfléchir aux questions qu’on pourrait vous poser autour. La discussion autour de la traduction ne dure pas tout le temps de l’épreuve et il faut donc se préparer à aborder d’autres questions en lien avec le texte ou sur la culture anglo-saxonne.

Pour les épreuves de conversation avec le jury et de motivation professionnelle, le principe est, à partir du texte, de préparer un commentaire de 10 minutes. C’est à la fois assez simple et assez compliqué. Simple, car il s’agit de faire ce que l’on fait tous les jours à partir de la lecture d’un article, c’est-à-dire de le mettre en perspective. Prenez-vous pour argent comptant ce que vous lisez ? Non : vous vérifiez sa source, le remettez dans un contexte, faites le lien avec ce que vous avez lu ou entendu par ailleurs et repérez les faiblesses du raisonnement. C’est cela qu’on attend de vous. Mais c’est aussi compliqué, car avec le stress ou un sujet qui ne nous inspire pas, il est difficile de mobiliser et d’organiser des connaissances en trente minutes. C’est un des éléments à travailler en priorité.

Votre commentaire ne vous plaît pas ? Ce n’est pas grave : lancez-vous. Le jury vous demandera par la suite de compléter. Et les questions qui suivront vous permettront éventuellement de montrer une autre facette de votre personnalité.

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Quand tu essaies de convaincre le jury que oui, tu as tout ce qu’il faut pour être conservateur.

Alors, qu’en est-il de ces fameuses questions ? Voici, à titre indicatif, celles que l’on m’a posées. Je les ai notées après les oraux. Mais comme ces instants passent très vite, elles ne reflètent peut-être pas tout à fait ce qui a été dit et ne suivent pas forcément l’ordre chronologique.

En anglais, il s’agit d’un article du 1er mai 2015 du Guardian par Alison Flood « Judy Blume makes plea to New York mayor for library funds ». Il m’a d’abord été demandé plusieurs points de précision sur la traduction. Il y avait beaucoup d’erreurs m’a dit le jury après, mais j’ai réagi rapidement et les ai corrigées pour la plupart, ce qui a été apprécié. Voici les autres questions :

  • Quel commentaire pouvez-vous faire sur ce texte ?
  • Les auteurs anglo-saxons se sont mobilisés contre Amazon en janvier dernier. Pouvez-vous dire pourquoi ?
  • Quelles relations entretiennent les auteurs avec les bibliothèques en France ?
  • Que pouvez-vous nous dire de la loi sur le droit de prêt en France ?

En culture générale, ce fut une critique de Gérard Courtois portant sur le livre « Pour en finir (vraiment) avec le millefeuille territorial » d’Eric Giuily et Olivier Régis.

  • Vous avez parlé d’égalité de traitement sur le territoire français. On parle aujourd’hui de difficultés pour accéder aux services de santé. Qu’en pensez-vous ? Et les déserts médicaux ?
  • Pouvez-vous me dire quel est le parcours des étudiants en médecine ? Après la première année, est-ce bien un examen ? (NB : c’est un concours). Comment s’appelle le deuxième examen ? Que veut dire ECN ? Pourquoi ?
  • Que peut faire un préfet vis-à-vis d’une collectivité territoriale ? A quel moment intervient le contrôle de légalité ? Et en cas de déficit ? Combien de temps peut durer une mise sous tutelle ?
  • Que pouvez-vous nous dire de la francophonie dans le monde ? Quelles structures s’occupent de ce sujet ? Citez un auteur francophone étranger. Y a-t-il des Académiciens qui ne sont pas Français ?
  • Pouvez-vous citer des films dont l’action se passe au Château de Versailles ? Quel est le statut du Château de Versailles ? Qu’est-ce que ce statut implique ?
  • Savez-vous quelle exposition a lieu actuellement au Château de Versailles ? Vous souvenez-vous d’autres expositions ? Qu’en pensez-vous ?
  • Pouvez-vous citer des exemples de destructions d’œuvres ? Pourquoi fait-on cela ? Et les autodafés ? Quel est l’auteur du livre Auto-da-fé ? (NB : j’ai demandé après. C’est Elias Canetti).
  • Pensez-vous que l’art contemporain est un art vide, bête ? Pensez-vous que l’art contemporain est un art dégénéré ?
  • Connaissez-vous des courants historiographiques ? Une école ? Quel domaine est étudié par l’école des Annales ? Pouvez-citer des historiens contemporains ? Quel est le domaine de Benjamin Stora ? Et plus précisément que le Maghreb ?

Lors de l’entretien de motivation professionnelle, j’ai dû travailler sur une chronique de Gaël Cadoret, parue le 24 février 2014 dans INGIN : « La méthode Agile – Optimisation de la relation « Client / Fournisseur » » :

  • Concernant les marchés publics, y a-t-il une procédure qui permette de travailler par objectifs intermédiaires avec des prestataires ?
  • Vous avez été maître d’ouvrage dans un projet de ré informatisation. A combien se montait le budget prévu ? Ce projet a-t-il abouti ? Pourquoi ?
  • Vous avez parlé des risques psychosociaux. Pouvez-vous m’en parler plus ? Vous avez des exemples ?
  • Vous dites vouloir prendre soin de vos agents et laisser parler leur créativité. Comment faites-vous cela ? Mais que doit faire un responsable ? Et vis-à-vis de votre hiérarchie ? Qu’est-ce qu’un bon responsable selon vous ? Vos responsables l’ont-ils été ?
  • On installe le Wifi dans votre bibliothèque et vos agents ne le souhaitent pas. Comment gérez vous cela ?
  • On vous demande d’ouvrir votre bibliothèque le dimanche d’ici un an. Comment procédez-vous ?
  • Où vous voyez-vous dans 5 ans après votre sortie d’Enssib ? Mais vous vous voyez diriger ? Quel serait votre poste idéal en sortie d’Enssib ?
  • Avez-vous passé me concours de conservateur territorial ? Le passerez-vous l’année prochaine ? Est-ce la première fois que vous vous présentez au concours de conservateur ?
  • Vous avez commencé votre parcours comme vacataire ? (NB : en fait j’ai commencé comme bénévole, ce que j’ai précisé). Pourquoi ? Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Voilà, je suis désolé pour ce premier article un peu long, mais il semble important de pouvoir partager cela avec qui préparent les concours. Sur mon ancien blog, vous pouvez également trouver d’autres articles sur les épreuves du concours de bibliothécaire (écrit et oraux), ainsi que ce qui arrive après avoir été admis. Il me semble que, en dehors de la durée de formation, cela s’applique en grande partie au concours de conservateur.

Bon courage à tous et que la force soit avec vous !

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Quand après avoir été admis tu te rends compte que maintenant 18 mois de formation t’attendent.